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 Vegetable Love ♥ [PV. Beatrice]

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Poufsouffle
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lumos maxima


MessageSujet: Vegetable Love ♥ [PV. Beatrice]   Ven 7 Mar - 11:04





Vegetable Love

a story of mandragora & fanged geranium
« Cette semaine vous allez prendre soin d'une plante » avait déclaré le Professeur Londubat lors du premier cours de botanique de la semaine. En classe doublée pour les travaux pratiques, mes camarades de Poufsouffle et moi-même, ainsi que les cinquièmes années de la maison Serdaigle avions eut une drôle de surprise en entrant dans la serre n°2. Devant nos portes-manteaux respectifs sur lesquelles nos robes de travail reposaient habituellement, un pot en terre contenant une plante magique avait été déposé à notre intention. Chacun avait une plante magique différente et le professeur de botanique nous avait donné pour mission de l'entretenir par nous-même durant une semaine. « Cette tâche est bien évidemment notée et comptera pour vos B.U.S.E. » n'avait pas oublié de préciser M. Londubat avec un sourire aux lèvres. Malgré que je ne sois pas quelqu'un de manuel, la botanique faisait partie de mes points forts. Un trait commun de la maison Poufsouffle qui excelle dans cette matière depuis des siècles, si bien que les deux tiers des professeurs ayant enseigné la botanique à Poudlard avaient revêtis le blason jaune et noir par le passé. J'étais très heureux de cet exercice, qui serait un bonne entraînement pour les examens à venir. La plante qui m'avait été confié était un géranium dentu, une plante carnivore très souvent proposée à l'épreuve pratique de botanique. Cela semblait relever du jeune d'enfant, d'autant plus que cette plante ne nécessitait que peu d'entretien, si ce n'était celui de devoir être nourrie une fois par jour d'insectes et/ou de petits animaux (souriceaux, oisillons, etc). J'appréhendais légèrement cette partie de l'exercice, mais avec un peu d'agilité (et de chance), il n'y avait aucune raison que je n'y arrive pas. Si j'étais assez motivé à l'idée de réaliser ce travail, plusieurs élèves de mon cours, eux ne semblaient pas partager mon enthousiasme. Notamment mon amie Béatrice, qui avait affiché une triste déconfite à la vue de sa mandragore. « La mandragore est certainement l'une des plantes magiques les plus délicates à entretenir sur cette terre ! Pourquoi faut-il que cela tombe sur moi ? » s'était-elle lamentée dans un soupir avant de baisser la tête. Je lui avais alors proposé de nous retrouver chaque soir après les cours dans les serres, afin de réaliser cet exercice ensemble. Je savais le besoin de Béatrice de rattraper ses quelques lacunes en botanique et aussi vrai qu'elle m'aidait pour le cours de potions, je me devais de lui rendre l'appareil pour celui-ci.

C'est donc en début de soirée que j'avais pris la direction des serres, peu de temps avant le dîner,  pour retrouver Béatrice. Elle n'était pas encore arrivée lorsque je poussais la porte en verre de la serre n°2 et j'en profitais alors pour aller enfiler une paire de gants en cuir de dragon et chercher le matériel nécessaire au nourrissage de mon géranium dentu. Comme je m'y étais attendu, l'entreprise n'était pas de tout repos. Le végétal n'était pas aussi coopératif que l'affirmait le guide d'herbologie. Le géranium n'était visiblement pas d'humeur à ce qu'un jeune sorcier de cinquième année l’appâte avec des papillons amorphes et un vieux disque rayé. « Sans mauvais jeu de mots, je crois que ce géranium a une dent contre Bach » affirmais-je à Béatrice qui venait d'entrer dans la serre en désignant le tourne-disque du Professeur Londubat qui lisait un vieux trente-trois tours de musique classique. « Debussy semble le mettre en appétit, mais il devient agressif lorsqu'il entend les premières notes de la seconde suite anglaise » ajoutais-je en levant la main droite pour lui montrer le trou béant qu'avait fait le végétal dans le gant au niveau de l'index. Je reposais délicatement la pince que je tenais entre mes doigts et ôtais mes gants. « Tu as passé une bonne journée ? » demandais-je à Béatrice en lui adressant un sourire.

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Serdaigle
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lumos maxima


MessageSujet: Re: Vegetable Love ♥ [PV. Beatrice]   Sam 22 Mar - 5:55


Ce matin-là, Béa s’était levée la mort dans l’âme. Elle avait mis son uniforme le regard perdu dans le vague, elle qui prêtait d’habitude attention au moindre détail. Elle était descendue prendre son petit-déjeuner sans penser à se brosser les cheveux, et quand on lui fit remarquer à la table des Serdaigles que les boutons de son gilet étaient le lundi dans le mardi, elle ne fit que hausser les épaules. Un œuf brouillé et deux toasts apparurent dans son assiette, mais Béa sentit son estomac se retourner.

« Béatrix, tu te sens bien ? » lui demanda sa voisine.
Béa secoua lentement la tête, les lèvres serrées, et se leva pour se rendre devant la salle de Sortilèges. Elle ne pourrait rien manger ce matin. Pas en sachant que c’était sa dernière journée dans ce monde.

Béatrix avait toujours su que le Pr. Londubat ne l’aimait pas. Il lui avait toujours été plus dur avec elle qu’avec les autres. Parce qu’il était plus exigeant avec elle, disait-il. Mais Béa n’aurait jamais pensé qu’il ne la déteste au point de vouloir la tuer.
« Mais Monsieur, le cri des Mandragores est mortel !
_Vous voulez devenir Médicomage, Miss Windsor, n’est-ce pas ?
_Oui… »
avait répondu Béa le menton baissé, se retenant de lui dire que c’était « Votre Majesté »
« Alors vous devez savoir que les feuilles de Mandragore sont un remède puissant contre les sortilège de paralysie » poursuivit le Pr. Londubat en poussant l’insulte encore plus loin, « et que vous devez manipuler ces plantes à la perfection. »

Béa avait alors compté les heures  qu’il lui restait à vivre. En Sortilèges, elle était parvenue à reproduire le sortilège demandé au bout de cinq fois au lieu de trois .Le temps qu’elle y parvienne, Elly Sanders de Serpentard y était parvenue avant elle. Elle serait finalement parvenue à être meilleure qu’elle au moins une fois avant qu’elle ne meure. En Arithmancie, Béa se trompa dans la moitié de ses calculs. Elle ne parvint qu’à boire deux verres d’eau. En Etude des Runes, comme un signe funeste, le nouveau chapitre porta sur Ansuz, la rune de la magie noire et de la mort. Enfin, en Métamorphose, Béa ne parvint jamais à changer son cactus en boule de coton, ne le faisant givrer que de plus en plus puissamment, ses épines de glace de plus en plus longues, jusqu’à ce que le Pr. Blake ne l’exclue du cours en lui indiquant de revenir quand elle se serait ressaisie.

Mais elle ne se ressaisirait pas. Cette soirée était sa dernière. Au moins reverrait-elle Tim avant de mourir. Timothy avait été son meilleur ami depuis toujours, depuis qu’ils s’étaient rencontrés pour la première fois dans le Poudlard Express. Mais quand elle l’avait revue à la rentrée, il y avait quelque chose de différent chez lui. Peut-être le fait qu’il avait encore grandit, ou que ses sourcils s’étaient encore épaissis, encadrant ses immenses yeux bleus. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle le voyait différemment. Ses sourires ne lui suffisaient plus. Rire avec lui n’était plus assez. Elle voulait plus. Elle se sentait de plus en plus attirée vers lui… Mais il n’était que son meilleur ami, et le regard de Tim n’avait certainement pas changé vis-à-vis d’elle.

Avant qu’elle ne s’en rende compte, Béa était arrivée devant la serre n°2. Elle poussa la porte, le cœur battant à tout rompre (de peur ou d’anticipation ?) et entra à l’intérieur.

Ses poumons furent immédiatement emplis d’une odeur chaude de terre humide, et ses oreilles du Clair de Lune de Debussy. Tim se retourna vers elle, son sourire la balayant plus violemment que n’importe quel Sortilège de Stupéfaxion.

« Sans mauvais jeu de mots, je crois que ce géranium a une dent contre Bach » dit-il en lui arrachant un demi-sourire. « Debussy semble le mettre en appétit, mais il devient agressif lorsqu'il entend les premières notes de la seconde suite anglaise. » ajoutant le geste à la parole, Tim lui montra son gant en peau de dragon dont l’index avait été mordu.
« Oh non ! Tu t’es blessé ? » s’inquiéta immédiatement Béa en se précipitant vers lui pour ausculter sa main. « Ce doit être les tonalités aigues du clavecin. Le géranium dentu est plus sensible aux tonalités aigues, c’est ce qui lui permet de cibler les petits oiseaux pour s’en nourrir. » récita-t-elle quasiment sans s’en rendre compte en lui retirant son gant. « Ça va, tu n’as rien, le cuir de dragon t’a épargné le plus gros de la morsure… »

Béa se figea soudain en réalisant ce que Tim était en train de faire. Ce qu’elle pouvait-être bête ! « Abrutie ! » siffla-t-elle entre ses dents contre elle-même. Le Pr. Londubat ne lui avait jamais demandé de rempotter sa Mandragore ! Ils ne devaient que les nourrir ! La Mandragore n’avait besoin que d’une précise humidité dans sa terre et de vers qu’elle attrapait elle-même dans son pot…
Eurk ! Des vers ! Béa n’était pas certaine de ne pas préferer la mort…

« Béa ? » la sortit Tim de ses pensées.
« Mmmh ?
_Ma main ?
_OH !!! Pardon ! »
s’exclama soudainement Béa en lâchant sa main qu’elle avait gardé tout ce temps. « Pardon, je… Je voulais vraiment être sûre que… que ce n’était pas infecté. » balbutia-t-elle en sentant ses joues devenir de plus en plus chaudes.
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Poufsouffle
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lumos maxima


MessageSujet: Re: Vegetable Love ♥ [PV. Beatrice]   Dim 23 Mar - 3:14




On dit communément que la musique adoucit les mœurs, soit. Cependant, cette maxime ancestrale ne semblait s'appliquer qu'aux êtres humains et non à l'ensemble des organismes vivants. Affairé au nourrissage d'un géranium dentu pour le cours de botanique du Professeur Londubat, je me rendis bien vite compte que la musique classique pouvait être un excitant redoutable. Certaines notes provoquaient chez le végétal magique une série de convulsions frénétiques, qui le rendait particulièrement agressif. C'est ainsi qu'au troisième mouvement de la seconde suite anglaise de Bach, le géranium dentu arracha un morceau entier de cuir dans mes gants protections. Je poussais un cri de surprise et éloignais rapidement ma main de la plante. « Par Merlin... » jurais-je poliment en mes dents, avant de poser un regard sur mon index. J'ôtais mon gant afin de constater les dégâts que j'imaginais déjà irréparable sur mon doigt, mais la protection de cuir ne dévoila aucune blessure. C'était un miracle. Moi qui enchaînait chute sur chute et malchance sur malchance, cette fois-ci ma main était intacte. Était-ce le changement de lune qui me valait cette bonne fortune ? Je poussais un soupir de soulagement, avant de remettre mon gant pour reprendre mon nourrissage. Je n'allais pas me laisser impressionner par un géranium. Néanmoins, je prenais le soin d'aller changer de vinyle sur le tourne-disque avant de reprendre. C'est à cet instant que Béatrice fit son apparition dans la serre, la mine abattue. J'engageais la conversation en lui exposant mes observations sur  le nourrissage de mon géranium dentu et lui montrais le trou fait à mon index en guise de pièce à conviction. Sans répondre à la question que je lui posais ensuite, elle accouru vers moi toute inquiétée. « Oh non ! Tu t’es blessé ? » demanda-t-elle en s'emparant de ma main pour l'ausculter. Elle me connaissait visiblement très bien pour savoir quel aimant à blessure j'étais. Une vraie catastrophe ambulante. « Ce doit être les tonalités aiguës du clavecin. Le géranium dentu est plus sensible aux tonalités aiguës, c’est ce qui lui permet de cibler les petits oiseaux pour s’en nourrir » récita-t-elle quasiment en retirant mon gant. J'étais toujours autant fascinée par le savoir infini de Béatrice et sa vive intelligence. C'était une Serdaigle, une vraie. Une encyclopédie vivante dotée d'un cœur et d'une voix que j'adorais écouter tellement sa conversation était passionnante. « Ça va, tu n’as rien, le cuir de dragon t’a épargné le plus gros de la morsure… » conclut-elle en constatant que ma main était intacte. J'esquissais un sourire face au professionnalisme dont elle faisait déjà preuve. Béatrice m'avait confié son souhait de devenir médicomage dès notre première à Poudlard. Depuis ce temps, elle avait l'occasion de pratiquer de nombreux soins sur moi compte tenu de ma maladresse. Lorsque j'avais trop honte de me rendre à l'infirmerie, j'envoyais un petit mot Béatrice pour qu'elle me retrouve dans un endroit isolé du château (souvent les toilettes de Mimi Geignarde) afin qu'elle puisse me soigner sans que personne ne le voit. Autant dire que cela arrivait bien plus souvent que je ne le voulais. Mais malgré la douleur, malgré les humiliations, j'étais ravie d'avoir Béatrice comme infirmière personnelle. Elle était très attentionnée, peut-être trop d'ailleurs, car sans le vouloir elle continuait de garder ma main entre les siennes. Je l'observais quelques instants alors que se jurait à elle-même, avant de finalement lui demander de me rendre ma main. « OH ! Pardon !   Pardon, je… Je voulais vraiment être sûre que…que ce n’était pas infecté » balbutia-t-elle en baissant les yeux. « Je t'en prie » la rassurais-je dans un sourire.

Après un bref moment de silence, durant lequel aucun d'entre nous n'osaient croiser le regard de l'autre, je décidais de réorienter la conversation vers notre sujet principal, à savoir la botanique. « Bon et bien... Es-tu prête à t'occuper de ta mandragore ? » demandais-je à Béatrice en sachant pertinemment que cette exercice ne l'enchantait pas plus que cela. Pour prendre de l'avance, j'avais disposé sur la palliasse les divers outils dont nous allions avoir besoin pour le nourrissage. « Tu as tes gants ? » demandais-je en remettant le mien. Elle acquiesça et les enfila prestement avant d'aller  récupérer à reculons sa mandragore dans un coin de la pièce. Son dégoût envers cette plante était tel qu'elle tenait le pot en terre du bout des doigts pour l'éloigner le plus possible d'elle. Par ailleurs, elle ne put s'empêcher d'échapper une expression d’écœurement lorsqu'elle posa la mandragore sur la table. Le nourrissage ne semblait pas gagner. Durant le premier cours de botanique de deuxième année, Béatrice s'était évanouie à la vue de ces plantes magiques qu'elle considérait comme les créatures les plus hideuses qu'elle n'ait jamais vu. Se voir confier une mandragore pour un devoir de botanique relevait du cauchemar pour elle. Esquissant un sourire benêt pour l'encourager, je lui tendais un petit arrosoir en fer pré-rempli afin qu'elle édifie la terre. « Première étage : l'arrosage » lui dis-je avec sérieux. Cette étape était très importante, car elle permettait non seulement d'étancher la soif de la plante, mais également de rendre le terreau qui l'entourait plus spongieux. La terre ramollie permettrait de nourrir plus facilement la plante par suite. J'attendais que Béatrice s'exécute, en faisant tout de même attention à ce qu'elle ne noie pas la mandragore. « Bien. Maintenant le nourrissage » déclarais-je alors que Béatrice tordait déjà du nez. Sa mission était à présent de gratter légère la terre afin d'y introduire des vers et autres asticots avec lesquels la mandragore se nourrirait à l'intérieur de son pot. Moi-même je ne raffolais pas de cet étape, mais je me confortais en me disant que tout être vivant devait se nourrir. Les mandragores de Poudlard étant élevées dans des pots, elle ne pouvait trouver de quoi se nourrir seules. « Comme cette mandragore est encore jeune, je pense que des verres de vase conviendront très bien » lui dis-je en m'emparant d'un bocal à pêche rempli de larves rouges gesticulantes. J'ouvrais le cylindre de verre, puis le déposais devant Béatrice à côté du pot. Une odeur putride semblable à celle des égouts emplie soudain l'espace. « Allez, un ver chacun son tour » lui dis-je en lui tendant une pince en bois. Plus vite nous donnerions à manger à cette mandragore, plus vite nous pourrions sortir de la serre n°2. J'étais persuadé que Béatrice pouvait passer par-dessus ses manières et son dégoût afin de nourrir sa plante. Comme lui avait rappelé le professeur Londubat, les racines de mandragores étaient un ingrédient indispensable à la préparation de plusieurs philtres, notamment celui qui permettait de guérir les personnes ayant été pétrifié. Il fallait qu'elle pense à tout les gens qu'elle pouvait sauver grâce à cette mandragore. Son entretien était précieux. « Cinq dans le pot et je t'invite chez Madame Pieddodu à la prochaine sortie à Pré-au-lard, d'accord ? » lui promis-je timidement dans un sourire pour l'encourager. Mon ton se voulait rassurant, je ne voulais pas trop la pousser, mais mine de rien j'espérais que ma promesse pourrait lui faire prendre confiance en elle. Par ailleurs, je venais enfin de trouver une excuse pour inviter Béatrice à sortir avec moi sans qu'elle s'en aperçoive.

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lumos maxima


MessageSujet: Re: Vegetable Love ♥ [PV. Beatrice]   Dim 30 Mar - 0:30


Béa sentait ses joues brûler de gêne, alors qu’elle ne savait pas quoi faire ni où regarder pour détourner l’attention. Certainement pas Tim. Elle ne pourrait jamais le regarder en face sans se trahir à coup sûr…

« Bon et bien... Es-tu prête à t'occuper de ta mandragore ? » demanda-t-il en lui fournissant la diversion qu’elle cherchait.

« Oui ! » répondit-elle avec un peu trop de hâte avant de réaliser ce qu’elle venait de dire.
Son élan s’arrêta net lorsque ses yeux se posèrent sur les feuilles frémissantes de la Mandragore, dont le pot était posé à côté de l’entrée, parmi les autres plantes des cinquièmes années. Au moins n’avait-elle pas eût de Filet du Diable…

« Tu as tes gants ? » Béa poussa un soupir d’exaspération contre elle-même. S’il n’avait pas été là, elle aurait été capable de les oublier dans son sac ! Elle les enfila l’un après l’autre, puis, en essayant de ne pas se remémorer son échec cuisant de deuxième année, Béa saisit le pot et l’emmena sur le plan de travail en le tenant au bout des bras. Elle le tenait plus éloigné possible d’elle : les feuilles de la plante magique s’étaient mises à frémir de plus belle, comme si la Mandragore s’apprêtait à surgir de son pot pour lui sauter au visage d’une seconde à l’autre. Parvenue à sa destination, elle posa le pot en lâchant un expression de soulagement. Elle réalisa alors qu’elle avait tenu sa respiration durant tout le trajet à travers la serre. Béa leva ses yeux vers ceux de Tim. Il devait la trouver ridicule. Elle fut surprise de le voir lui sourire, sans jugement ni moquerie, le sourire habituel, aimable et attendri qu’il lui réservait souvent quand elle lui attribuait un soin de guérissage. Béa se demandait seulement si elle trouverait jamais plus dans ce sourire…

« Première étape : l'arrosage »  dit-il en lui tendant un arrosoir rempli d’eau. Béa prit l’arrosoir dans sa main et manqua de le laisser tomber par terre.

« Ouh ! » Béa referma sa main sur la hanse à a dernière seconde, parvenant à ne mouiller que légèrement leurs chaussures et chevilles. Timothy l’avait tenu comme s’il ne pesait trois fois rien. « Pardon, c’est plus lourd que je ne le croyais. »

Béa leva avec difficulté son bras pour élever l’arrosoir au-dessus du peau, écartant délicatement les feuilles de la  Mandragore de son autre main, un frisson de dégoût lui parcourant le corps  ce simple contact. Sous les instructions de Timothy, elle arrosa lentement la terre pour laisser à l’eau le temps de s’infiltrer, imbibant l’eau sur tout le pourtour de la plante, luttant contre son bras qui commençait à fatiguer, avant que Tim ne lui fasse signe d’arrêter.

« Pas autant, tu vas la noyer.
_Comment fais-tu pour t’en rendre compte ? Je n’arrive pas à voir la différence entre de la terre mouillée et de la terre mouillée… »
Elle s’exécuta et posa l’arrosoir par terre en tournant le dos à Timothy.

«  Bien. Maintenant le nourrissage. » Lorsqu’elle se redressa, un gigantesque bocal de vers grouillant se trouvait devant son nez. Béa poussa un hurlement de frayeur et de dégoût, perdant l’équilibre et se retrouvant par-terre. Se sentant plus ridicule que jamais, Béa se remit sur ses pieds et écouta les instructions de Timothy. C’était lui le maladroit qui se retrouvait par terre, d’habitude.

« Comme cette mandragore est encore jeune, je pense que des vers de vase conviendront très bien » dit-il en ouvrant le pot. Béatrice s’écarta soudain à l’odeur qui s’en échappa, sentant son estomac violemment se soulever, plaquant une main contre sa bouche et son nez. Elle espérait qu’elle ne vomirait pas devant lui.

« Je… Je ne peux pas faire ça. » parvint-elle à dire.
« Allez, un ver chacun son tour »
Béa secoua la tête en signe de refus. Ce n’était pas la même chose en potions. Oui, il y avait des pattes de corbeaux, des araîgnées pilées en poudre, voire pire, de la bile de tatou, mais tous ces ingrédients provenaient d’animaux déjà morts, et pour la plupart elle n’avait qu’à les acheter sans même avoir à se les procurer sur le cadavre de l’animal elle-même. L’odeur des asticots lui faisait penser à la décomposition, la mort et la putréfaction. Mais elle finirait bien par se retrouver face à des plaies infectées et nécrosées, si elle voulait devenir Médicomage. Un organisme ouvert, avec ou sans hygiène dans un milieu stérile ne sentait pas la rose pour autant. Autant qu’elle se fasse à cette odeur dès à présent.

Béa ôta ses mains gantées de son visage et se risqua à une légère inspiration. L’odeur était absolument immonde. Son visage se plissa mais son estomac resta bien en place. Béa expira lentement. Les lèvres serrées, respirant par petites bouffées par le nez, elle se retourna vers Tim et le plan de travail, et prit une pince en boit dans sa main gantée.
« Cinq dans le pot et je t'invite chez Madame Pieddodu à la prochaine sortie à Pré-au-lard, d'accord ? » lui proposa timidement Tim. Béa eut sourire en coin malgré l’odeur avant de lui répondre :
« Dix. Et je les mets tous moi-même. » Béa était redevenue elle-même, se mettant la barre toujours un peu plus haut que ce dont elle se sentait capable, ne s’autorisant rien d’autres que le meilleur.

Elle prit un premier ver dans sa pince, et l’écrasa. Béa eut une exclamation de dégoût, se retournant subitement pour se retenir à nouveau de vomir. Son angoisse et ses gants la rendant plus maladroite. Se laissant quelques secondes pour se remettre, Béa se retourna vers le pot et reprit la pince. Cette fois, le ver atteint le pot sain et sauf.
« Un. » Son succès lui donna confiance en elle. Le deuxième et troisième se firent plus facilement. Prenant trop confiance en elle, le quatrième rencontra comme le premier une fin précoce, Béa n’émettant plus qu’un léger son aigu, les lèvres serrées, le teint livide. Les six autres suivant derniers dans le pot en moins de deux minutes. « Et dix ! » Béa referma le pot avec brutalité comme si sa vie en dépendait, puis se rua à l’autre bout de la serre, parmi les asphodèles utilisées pour les potions de Goutte du Mort-Vivant, pour se ressaisir au milieu des fleurs blanches et de leur doux parfum.
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lumos maxima


MessageSujet: Re: Vegetable Love ♥ [PV. Beatrice]   Ven 11 Avr - 4:36




J'avais toujours éprouvé une grande admiration pour Béatrice. Depuis notre première rencontre, quatre ans plutôt dans le Poudlard Express, elle n'avait cessé de m'étonner de jour en jour, tant par ses qualités que par ses défauts. C'était une sorcière entière, authentique et unique en son genre. Elle était dotée d'une incroyable intelligente et d'un sérieux qui forçait l'admiration lorsqu'elle travaillait. Elle avait beau avoir grandit dans un monde où le pouvoir n'avait rien de magique, elle continuait pourtant de m'étonner par ses connaissances et ses facilités en matière de magie. Nombreux étaient les moments où je me sentais piètre sorcier face à elle. Par ailleurs, sachant sa condition et son rang au sein de la société moldue britannique, je me questionnais régulièrement sur sa présence à mes côtés. Au final, nous n'avions que peu de choses en commun, si ce n'est une soif infinie de connaissance. Elle, la princesse et moi, le sorcier roturier, c'était une drôle de tableau. Encore aujourd'hui, j'éprouvais une gêne à me prétendre de ses amis. Je ne devais ressembler en rien aux garçons, que dis-je, aux princes, aux comtes, aux ducs et autres titres d'une jeunesse dorée qu'elle devait avoir l'habitude de côtoyer. Pourtant, depuis maintenant plus de quatre ans, je la retrouvais avec plaisir sur le quai ¾ de la gare King's Cross, le même sourire aux lèvres à chaque rentrée. Je n'imaginais pas Poudlard sans Béatrice. Petit-déjeuner sans elle, étudier sans elle, rire sans elle... Tous simplement, ne plus être avec elle. Nous passions le plus clair de notre temps ensemble et même lorsque nous étions séparés, nous restions quand même lié. Durant l'été qui avait passé, je n'avais pas cessé de penser à Béatrice. Pour la première fois de ma vie, je m'étais ennuyé, si bien que je n'avais pu résister à la tentation de lui envoyer une vingtaine de lettres pour lui demander de ses nouvelles. Son majordome Mr. Pennyworth avait du hurler de frayeur en voyant chaque jour, nos deux chouettes survoler la maison des York, une lettre entre les serres. J'espérais cependant ne pas avoir été trop impoli.

A chaque regard que je posais sur elle, Béatrice me rappelait à quel point elle était spéciale. « Je… Je ne peux pas faire ça » avoua-t-elle à demi-mots à la vue des vers de vases grouillants dans le bocal. Je n'étais pas d'accord avec cette aveu. Elle, plus que n'importe qui était capable de tout. Ce n'était simplement qu'un mauvais moment à passer. Plus tard, lorsqu'elle recevrait la note Optimale pour ce devoir de botanique, elle n'en serait que davantage fière. Malgré ses préjugés, je savais que Béatrice avait assez de caractère pour faire face à quelques misérables vers, de la taille d'un pouce. Je hochais la tête pour lui faire comprendre le fond de ma pensée et lui donnais un peu plus de courage, en l'invitant à boire le thé chez Madame Pieddodu. Je bafouillais légèrement à la formulation de cette proposition, puis me taisais rapidement après m'être rendu compte de mes mots. Face à la non réaction de Béatrice, je fus presque heureux qu'elle n'ait rien relevé. Mon cœur battait soudain si fort dans ma poitrine. Ma timidité refaisait soudain surface. Les mots s'étaient échappés de mes lèvres sans que je ne puisse les arrêter. Mes pensées avaient pris le dessus sur ma volonté pour exprimer ce que j'avais tant hésité à écrire à Béatrice ses derniers mois. Elle me plaisait. Je le savais depuis le premier jour où je l'avais rencontré dans le train, mais lui avouer serait prendre le risque de me rire au nez. Ne disant mot, je regardais attentivement Béatrice prendre sur elle afin de nourrir la mandragore dont elle avait le soin. Elle compta les vers un par un, les déposant avec précaution dans le pot comme s'il s'agissait d'engins explosifs. Après avoir transférer le dixième et dernier ver sans aucune aide de ma part, elle déposa subitement la pince sur la table puis referma le pot en verre à la vitesse de l'éclair, avant de filer tout aussi vite à l'autre bout de la serre. Surprit, je la suivais jusqu'aux asphodèles parmi lesquelles elle s'était réfugiée afin de respirer leur odeur apaisante. « Béatrice ? Est-ce que ça va ? » demandais-je inquiet en posant une main dans son dos. Je jetais un regard autour de moi et m'emparais d'un tabouret qui se trouvait non loin de là, pour le proposer à Béatrice. « Tiens assis-toi » lui dis-je en l'accompagnant. Je me sentais soudain coupable de l'avoir soutenu dans cet exercice. Elle avait le teint aussi pâle que les fleurs qui l'entouraient à présent. Je me penchais au dessus des asphodèles pour aller entre-ouvrir une vitre de la serre. Un peu d'air pure s'introduisit alors à l'intérieur. « C'était une mauvaise idée cet exercice. Je viendrais nourrir ta mandragore les autres jours de la semaine pour me faire pardonner » lui dis-je confus, en la voyant si déstabilisée. Après réflexion, j'aurais du lui proposer bien plus tôt de faire cet exercice à sa place, au lieu de l'inviter à nous retrouver à les fins des cours pour nous entraider. Elle m'épaulait si souvent pour les cours (notamment en potions) que c'était un maigre service que je pouvais lui rendre en m'occupant de sa plante à sa place. « Tu es sûre que ça va ? Tu veux rentrer au château ? » lui demandais-je encore inquiet, une main protectrice sur son épaule. Ma bouche se tordit dans une moue gênée. « Je vais devoir trouver quelque chose de mieux qu'un thé chez Madame Pieddodu maintenant... » avouais-je en adressant un timide regard en coin à Béatrice. Malgré son malaise, elle avait réussi à mettre dix vers dans le pot de sa mandragore, autant dire qu'il allait falloir que je me surpasse également pour l'impressionner. J'adressais soudain un sourire franc à Béatrice. Elle était très courageuse.

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MessageSujet: Re: Vegetable Love ♥ [PV. Beatrice]   

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Vegetable Love ♥ [PV. Beatrice]

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