Lumos ► Type de Sang: né moldu ► Année/Profession: 6ème année
Sujet: Histoire de jouet - Summer Mar 21 Fév - 1:13
Mercredi 2 Février
Ce matin, Daniel le Vaillant s'en va à la conquête des couloirs de Poudlard. Il a passé la nuit dans la salle commune des Serdaigle afin de confectionner une nouvelle potion. Armé de ses manuels et de ses notes, il est parvenu à créer le mélange parfait, celui qui lui permettra de réaliser le plus répandu des rêves d'enfants : donner la vie aux jouets. Les yeux cernés, plus pâle que jamais, son visage reflète toute sa satisfaction. Fier et victorieux, l'adolescent descend de sa tour avec des allures de prince. Dans sa main droite, son graal ; dans la gauche, trois fioles test. Des essais ratés dont il veut voir malgré tout les effets. Un Gryffondor de première année croise sa route entre deux étages et se voit gratifier d'un regard hautain.
« Circule, petit. Tu as failli me faire lâcher ma fiole. Tu imagines le désastre pour les enfants du monde moldu ? »
Le nain est déjà sorti de son esprit et il n'entend pas l'insulte qu'il lui crache. Il en est sans doute mieux ainsi. Le maître des potions poursuit donc sa route, la tête dans les nuages. Il n'aura plus qu'à dissimuler la potion sous la forme de faux produits d'entretiens pour jouets en tous genres, et il les vendra comme des petits pains. Combien de temps faudra-t-il à partir de là pour que tous les jouets des petits britanniques prennent vie ? Un mois ? Six mois ? Il les imagine déjà, tous ces bambins, riant, courant après leurs canards en plastiques et leur figurines action man. Les poupées seront déjà de vrais substituts aux bébés, les peluches seront de vrais animaux de compagnie. Jamais plus les enfants ne devront se réfugier dans un monde qu'ils croient imaginaire pour donner vie à leurs rêves.
« Oh, Daniel, tu es un génie ! »
D'un signe de tête, Lennox remercie la voix qui s'est adressée à lui et poursuit son implacable avancée. Il passe un nouvel escalier, un nouveau couloir, esquive un fantôme. Sur son chemin, soudain, une silhouette surgit de nulle part. A moins que ce ne soit ce qu'il a pris quelques minutes plus tôt pour une illusion d'optique.
Dans tous les cas, arrive ce qui doit arriver. Le grand crétin percute la petite innocente, les précipite tous les deux à au sol et ses quatre fioles s'écrasent à terre, aspergeant ainsi les deux adolescents d'une mixture pâteuse et visqueuse qui leur colle à la peau.
« Fichtre, regarde donc ce que tu as …. »
La réprimande se perd dans la gorge de Daniel tandis qu'un étrange picotement parcours tous ses membres. Rapidement, le picotement se transforme en une sorte de brûlure, comme si on essayait de faire fondre ses membres, son corps, pour le faire rapetisser. Chaque centimètre de son corps semble écrasé, compressé par une force supérieure.
Au bout d'une ou deux minutes, la douleur s'estompe subitement. Le Serdaigle fait pivoter sa tête de droite à gauche pour se remettre les idées en place, et essaye de porter sa main à son crâne. Il réalise alors que quelque chose ne fonctionne pas au niveau de ses articulations, de ses mouvements.
« Mais qu'est-ce que.... »
Sous ses yeux ébahis, il découvre que son bras est désormais rigide, fait de plastique. Il se penche en avant, pivote sur ses hanches, teste tous les mouvements qui lui sont possibles. Enfin, une dernier imprécation.
« Putain ! Je me suis transformé en Ken ! Dis tu p-... »
Il s'interrompt en posant son regard sur Summer qu'il reconnaît enfin. Elle non plus n'a pas échappé à la transformation.
Maintenant, allez trouver un moyen de s'en sortir !
Dernière édition par Daniel Lennox le Lun 19 Mar - 14:17, édité 1 fois
Lumos ► Type de Sang: Mêlé ► Année/Profession: 6ème année
Sujet: Re: Histoire de jouet - Summer Mar 21 Fév - 16:07
Rien d'anormal dans la vie de Summer. Bien habillée, comme toujours, avec son uniforme impeccable et ses cheveux blonds bien coiffés – avec un boursoufflet qui y avait élu domicile – elle assiste à ses cours, travaille à la bibliothèque – même si ça ne donnait pas spécialement de bons résultats – et rêvasse dans un coin du couloir. Regardant par une fenêtre, le reste du monde est invisible. C'est à se demander si elle parvient vraiment à distinguer l'extérieur, tant son regard paraît perdu dans le néant. Pense-t-elle à quelque chose en particulier ? Parvient-elle à voir ce que d'autres ne sont pas capables de percevoir ? Là est la question qu'on se pose tous et à laquelle nous n'avons pas toujours de réponse. Il faudrait pouvoir entrer dans la tête d'un autiste... et même si j'étais legilimens, je ne prendrais pas le risque de faire ça. Surtout quand on sait que Biquette – oui, c'est son surnom, c'est-y pas adorable ? – ne supporte déjà pas le contact physique, alors si vous violez son esprit, vous allez me la traumatiser à vie.
Assise sur le rebord de la fenêtre, la tête contre le mur, vous saurez qu'elle ne regarde pour ainsi dire rien de particulier. Elle est enfermée sur elle-même, perdant son ancrage dans la réalité puisque n'étant pas vraiment stimulée par l'extérieur. Elle est songeuse... Et sans son pinceau ni son archet, elle ne peut pas partager ses pensées décousues. Et puis, pop ! Quelque chose se passe dans le couloir. Quelque chose qui attire son attention. Est-ce Daniel qui dispute le petit Gryffondor, qui l'interloque ainsi ? Allez savoir. C'est peut-être juste le boursoufflet qui couine dans ses cheveux, aussi. Mais en attendant, ses pupilles se rétractent, ses yeux semblent plus vifs. Elle descend lestement du rebord de la fenêtre, comme descendant gracieusement de son nuage, et retourne au milieu du couloir, pour aller errer Merlin sait où. Elle évite, comme à son habitude, tout ceux qu'elle croise. Elle ne supporte pas le contact, ce n'est pas nouveau. Alors elle esquive, un pas sur le droite, un sur la gauche, elle n'y fait même pas attention au final. Sauf qu'arrive ze moment inattendu. Celui où deux personnes arrivent. Aha. Un pas sur la gauche pour éviter le premier, puis un pas sur la droite pour éviter le second. Boarf, easy mode. Enfin... Dans l'hypothèse où la personne qui la croisait n'essayait pas de l'éviter. Et c'est ainsi que bim, boom, badaboom, l'un et l'autre se rentra immédiatement dedans. Et là, ce fut la panique la plus totale. Summer recula précipitamment d'un pas en couinant, tremblant de tout son petit corps. Elle a les yeux écarquillés, couverte de ce truc étrange. Dans la seconde qui suit, comme prise d'hystérie, elle s'acharne à enlever cette pâte visqueuse d'elle, en couinant étrangement. Comme si elle avait peur. En pleine crise de panique, la jeune fille essaie de s'en débarrasser, encore et encore, semblant sur le point de pleurer. Ça la touchait, c'était étranger, ça attaquait... Et ça brûlait ! C'était en train de détruire cette enveloppe fine, si fragile, la seule chose qui la maintenait encore parmi les autres. Ça faisait mal ! Et avant qu'elle puisse s'en rendre compte, une larme, puis une autre, puis des dizaines d'autres, glissèrent sur ses joues. La peur. Le monde autour d'elle n'existait plus. Plus du tout. Plus que cette peur, comme si son monde s'était couvert d'épais nuages, noirs et menaçant, et que la tempête menaçait de tout détruire. Ce qu'elle ressentait était atroce. La potion semblait disparaître, mais pas sa peur panique, alors qu'elle se passait nerveusement la main dans les cheveux, et... Et d'un coup, son corps se déroba sous ses pieds. Le boursoufflet tomba par terre dans un couinement de protestaton, avant de s'approcher prudemment de Daniel, le reniflant de manière méfiante. C'était quoi ce truc, au juste ? Semblait-il se demander, avant de se tourner vers sa maîtresse et... De pousser un couinement à son tour.
Summer était complètement étendue sur le sol, et ne pleurait plus. Elle ne pouvait plus, en fait. Elle leva un bras, et sentit l'impression désagréable qu'il n'était plus qu'un tas de chair molle, sans os à l'intérieur. C'était vraiment très désagréable, et ça la mettait encore plus mal à l'aise. Elle respirait fort, notre petite poupée de chiffon. Ses cheveux étaient devenus filasses, son visage n'était plus que fragile tissu, sur lequel deux gouttes étaient dessinée, une sur chaque joue, pour mimer ses pleurs au moment de la métamorphose. Elle ne tremblait plus, mais uniquement parce que son corps ne le lui permettait plus. Elle avait perdu son seul contact permanent avec la réalité, c'était quelque chose de particulièrement chamboulant. Ça l'était déjà pour quelqu'un d'ordinaire, alors pour une personne comme elle, vous imaginez bien...
Lumos ► Type de Sang: né moldu ► Année/Profession: 6ème année
Sujet: Re: Histoire de jouet - Summer Jeu 1 Mar - 22:13
La situation est certes insolite, mais Daniel se reprend vite. Il y a pire qu'une transformation en jouet. Eh puis, ils n'ont jamais qu'à trouver un enseignant capable de leur rendre leur corps, à moins que les effets des potions ne soient que temporaires. Après tout, il ne s'agissait que des fioles-test. Le plus important pour le moment reste de ne pas se faire écraser par les élèves qui pourraient affluer dans le couloir. Rassurer Summer, aussi, éventuellement.
Difficilement, il se déplace jusqu'à elle et observe la poupée de chiffon qu'elle est devenue. La forme le surprend à peine. Incapable de faire un geste pour l'aider à se relever, il se contente de se pencher sur elle.
« Biquette ? Tu paniques pas, d'accord ? J'ai fait une bêtise mais... c'est rien de grave. »
Il s'adresse à elle comme si son esprit état loin, enfermé dans cette poupée. Conscient qu'il doit bien choisir ses mots pour éviter de l'inquiéter, il prend le temps de réfléchir. Dommage qu'elle ait été transformée en même temps que lui, sinon, il se serait senti comme dans une mauvaise reprise de Chéri, j'ai rétréci les gosses !.
« Tu fais une très jolie poupée, tu sais. » Il faut bien commencer quelque part. « Cette situation, c'est un peu comme si on jouait à un jeu vidéo, mais en étant dans le jeu. Comme si on était dans le monde des pokémons quelques minutes, sauf que là, c'est le monde des jouets. »
Daniel a l'impression de parler à une enfant, comme souvent avec Summer, mais il ne voit pas d'autre moyen de l'empêcher de sombrer dans son autre monde, de la ramener vers leur réalité. Il connaît son amour profond pour le contact humain, et se doute que le choc n'a pas été la plus belle expérience de sa vie. Et puis, au fond, la vision métaphorique de leur changement le réconforte aussi. Qui voudrait rester sous la forme d'un Ken toute sa vie ?
« Je suis désolé pour ça, mais si tu me donnes un coup de main, on va vite redevenir comme avant. C'est juste un jeu de piste. Et le premier objectif, c'est trouver un professeur pour nous aider. »
Il s'écarte alors légèrement d'elle, maladroitement, et retient son souffle. Franchement, s'il ne s'agissait pas de Summer, il se sentirait profondément ridicule à lui causer de la sorte. Sous ses pieds, il sent les vibrations dans le sol dues aux pas des élèves, et il réalise enfin qu'ils risquent de se faire piétiner s'ils ne bougent pas.
« Allez, Biquette, reste pas dans le passage et suis-moi. Tout va bien se passer. »
Sans la toucher, il se rapproche du mur, et fait quelques pas dans la direction des escaliers les plus proches. À cette heure-ci, les adultes sont sans doute dans la Grande Salle, à moins que Mrs Donoghue ou Jaworski soient dans leurs classes.
Daniel inspire aussi profondément que le lui permet son corps de plastique, et se prépare à l'aventure. Tant qu'aucun enfant de moins de dix ans ne croise leur route, ils devraient s'en sortir.
Lumos ► Type de Sang: Mêlé ► Année/Profession: 6ème année
Sujet: Re: Histoire de jouet - Summer Mar 6 Mar - 20:22
Elle entend vaguement une voix, comme au travers de coton très épais. Elle ne voit pas. Elle ne reconnaît pas la voix. Rien n'existe plus, elle s'est enfermée sur elle-même, et à double-tour. Elle a la gorge nouée, le souffle aussi rapide que peu l'être celui d'une poupée de chiffon. Elle n'entend plus rien, ne voit plus rien, ne sent plus rien. Rien que la panique qui l'étreint au plus profond de ses entrailles, la peur qui la térasse. Elle a mal au coeur, elle a mal à la peau, elle se sent seule et coupée de tout. Quelque part dans un monde au ciel noir, aux orages violents et au tonnerre menaçant. Biquette est dans son esprit, prisonnière de sa maladie. Et rien ne transparaît, et il est difficile de comprendre ce qu'elle ressent au travers des yeux, deux boutons marrons, cousus sur le visage de la poupée. Mais si elle avait été dans son enveloppe charnelle habituelle, nul doute que ses yeux seraient épouvantablement vides. Quelque part, au travers du coton, elle entend quelque chose. On dirait un tout petit chuchotis. Un jeu vidéo... ? Les pokémons... ? La jeune fille bouge une main, qu'elle descrispe. Pokémon. Qui était-ce... Akwakwak ? Oui, c'était lui. C'est le pokémon bleu, de type eau. Dans le monde des jouets. Oh, ça commençait à faire beaucoup de mondes différents pour sa petite tête. Mais lentement, un rayon de soleil perce les nuages noirs.
La jeune fille bouge la tête. Il y a des vibrations bizarres, sur son dos. Comme si des géants marchaient sur le sol. Elle recommence, lentement, à percevoir le monde extérieur. Elle crochette la serrure de son esprit, et pousse lentement la porte après avoir poussé sur la poignée. Un professeur... Trouver un professeur pour les aider...
« Oui... »
Sa voix semble venir des tréfonds de l'abîme. Elle-même a l'impression que ce n'est pas elle qui parle. Elle a l'impression que quelqu'un d'autre lui fait bouger les lèvres, et que la voix qui fait vibrer sa gorge n'est pas la sienne. Elle essaie de cligner des yeux, mais ne peut pas – et pour cause, ses yeux sont bien différents de l'habitude. Elle bouge le bras. Puis une jambe. Et finalement, se redresse, assise, d'un air un peu absent... Enfin, encore une fois, autant que son visage de tissu le lui permettait. Elle regarde autour d'elle, avant de reconnaître enfin, Dani. Son attention se focalise sur lui, et, l'adolescente étant mono-tâche, la panique s'envole, et laisse plaisir à une certaine... Euh... Euphorie ? Puisqu'elle sourit et rigole de le voir ainsi métamorphoser en Ken, comme les poupées qu'elle avait gamine, avec ses Barbies. Son rire est adorable, un rire d'enfant, un peu cristallin, attendrissant comme tout. Qui pourrait ne pas fondre devant ça, hein ? Mais il lui dit de ne pas rester dans le passage. Biquette hoche la tête, se remet sur ses pieds, fait un pas et... Se casse lamentablement la figure, face contre terre. Les jambes molles, elle était étonnamment instable. L'un était trop rigide, l'autre pas assez... Ça allait être pratique pour s'avancer dans l'école à la recherche d'un peu d'aide, tiens. Elle se redresse difficilement, et finit par s'appuyer sur Daniel. Oui, elle le touche. Mais Dani fait partie de sa bulle, comme Evangeline et Venezia. Les trois seules personnes à Poudlard de qui elle tolère le contact – de façon modérée, et surtout pas par surprise. Elle s'appuie sur son épaule, de ses deux boules de chiffons qui lui tiennent lieu de mains. Ses jambes sont molles, elle n'arrive pas très bien à marcher, et chouine un peu, d'une petite voix gémissante.
« Mon corps... Il est parti... » gémit-elle tout doucement. « Il est... parti... Je... Je suis plus là... »
Difficile de la suivre, comme toujours. Encore plus quand elle est dans cet état de semi-panique. Ce qu'elle essaie de dire, c'est qu'elle a perdu son contact avec la réalité, et qu'elle ne sait pas si elle est vraiment là, ou dans sa bulle, ou ailleurs. Ne pas savoir l'angoisse. Plus que tout autre chose.
Lumos ► Type de Sang: né moldu ► Année/Profession: 6ème année
Sujet: Re: Histoire de jouet - Summer Lun 19 Mar - 14:52
Un poids quitte les épaules de Daniel lorsque Summer se relève et s'accroche à son bras pour tenir debout. Non seulement son petit speech sur les jeux vidéos et le monde des pokémon a fonctionné, mais la Poufsouffle est encore en assez bon état pour supporter un contact – presque – humain. L'idée de laisser Biquette au milieu du couloir ne lui plaisait pas particulièrement, pas plus que celle de la traîner contre son gré sur des mètres et des mètres. Certes, une poupée de chiffon, c'est facile à transporter, mais il ne tient pas à se faire détester par l'une de ses rares amies.
Il essaye tant bien que mal de garder son équilibre malgré le bout de tissu qui s'appuie sur lui. Le plastique made in China n'est pas très solide, et il se sent encore moins fort que sous sa forme humaine, ce qui n'est pas peu dire. Le bleu se concentre donc pour ne pas les précipiter tous les deux à terre, et il entend les paroles de Biquette sans vraiment comprendre ce qu'elle essaye de dire. Son corps, parti ? Bah voyons, il avait envie de se faire une petite promenade de santé alors il t'as gentiment laissée là ? Pourtant, pourtant, Daniel fait de nouveau preuve de la plus grande des patiences, essaye de déduire le sens caché de ces paroles, et éventuellement d'apaiser la jeune fille.
« Bien sûr que si, t'es là. Déjà, tu me parles et j'te réponds. Ça veut bien dire que t'es là, non ? Et puis ton corps... »
Son corps, c'est une autre pair de manche à expliquer. Qu'est-ce qu'il va bien pouvoir lui raconter ? Qu'il est juste un peu changé ? Qu'il a bel et bien disparu dans les méandres du monde magique mais qu'il va bientôt revenir de ses vacances au soleil ? Même le génie de Daniel rencontre ses limites face à un esprit aussi tortueux que celui de Biquette. Pire, le raisonnement de l'adolescente parvient à l'effrayer aussi. Manquerait plus que leurs corps aient vraiment disparus ! Pire, qu'ils soient bloqués dans une espèce d'univers parallèle, à moins qu'ils ne vivent tous les deux une illusion partagée. Ou alors...
Plutôt que de s'attarder sur toutes ces suppositions, Daniel continue d'avancer, cherchant du regard un enseignant, ou quelque chose y ressemblant, et se décide à inventer une histoire pour apaiser Summer concernant son enveloppe corporelle. Pour ne pas sombrer dans la démence psychotique non plus.
« Ton corps est juste un peu modifié. Tu te sens faible parce que... tu as rapetissé. T'as juste changé de taille. Et comme tu es un peu perturbée, tu as l'impression d'être... comme une poupée de chiffon. Mais c'est pas le cas. T'es presque normale. »
Presque, à deux ou trois détails près. Elle a pas de glace pour vérifier de toute façon. Il se contredit par rapport aux propos qu'il tenait un peu plus tôt, mais il espère qu'elle ne relèvera pas, trop perturbée pour faire correctement attention à ce qu'il dit.
Un groupe d'élève les dépasse sans les voir, manquant de shooter dans les deux humains-jouet. Par contre, le chat qui les suit ne manque pas les deux être miniatures. Pire, sa curiosité semble titillée puisqu'il s'approche d'eux avec cette méfiance et cette lenteur toute féline. Ça sent pas bon pour les deux jeunes gens. Pas bon du tout. Daniel s'immobilise, immobilise Summer, et attend de voir ce que va tenter l'animal avec une certaine appréhension. Devenir un jouet pour chat n'a jamais été dans ses projets lorsqu'il a préparé ces potions. Les yeux jaunes de la boule de poil sont fixés sur eux, et le félin avance jusqu'à ce que son nez soit tout contre l'homme-plastique, le lèche de sa langue rugueuse, puis se tourne vers la poupée de chiffon et la pousse doucement du museau en ronronnant avant de s'allonger simplement juste devant eux en faisant un bruit de moteur d'avion, ou de R5, tout dépend de ce que vous préférez.
« Tiens, même le chat te voit, et il t'apprécie vu comme il ronronne. C'est bien la preuve que t'es là et ton corps aussi. »
Et faire une balade à dos de chat, ce serait bien, aussi, non ? Pour la peine, il regrette vraiment d'être sous la forme de Ken, incapable d'écarter ou plier les jambes. Par contre, Biquette...
« Si tu veux, je t'aide à grimper sur son dos. Tu découvriras sans doute des coins du châteaux que personne d'autre n'a jamais vu. »
Je sais, il parle à Summer, mais qui sait, elle sera peut-être emballée. Ça laissera à Daniel le temps de réfléchir calmement à un moyen de les sortir de là.
Lumos ► Type de Sang: Mêlé ► Année/Profession: 6ème année
Sujet: Re: Histoire de jouet - Summer Mar 27 Mar - 14:43
Son corps n'était plus là. Plus rien, nulle part. Summer était complètement perdue, déphasée, ayant perdu son dernier repère avec la réalité. Ce n'était pas grand chose, juste une métamorphose, juste un changement de situation. Son corps était toujours là, quelque part. Seulement... Différemment. Et cette façon différente de percevoir les choses, le changement total de point de vue, que ce soit la taille, ou la perception en elle-même. Imaginez comme le sens du toucher est altéré, quand la peau ne devient plus que tissu. Heureusement pour elle, Daniel fait preuve d'une patience immense. Heureusement pour elle, et heureusement pour lui, me direz-vous. Parce que s'il venait à s'énerver ou à trop s'agacer sur la pauvre petite biquette, elle allait se braquer, et là, je lui souhaite bien du courage pour la faire bouger la petite. Parce qu'elle devient alors un poids mort particulièrement bruyant, et difficile à trainer. Elle entend toujours la voix de Daniel, un peu comme au travers du coton. Il disait qu'elle était là... Oui, oui sans doute, parce qu'elle l'entendait. Mais comment pouvait-elle être là alors que son esprit n'était déjà pas très rattaché à la réalité, et que son corps s'en était allé ? Pour la jeune fille, tout cela est un vaste bordel dans lequel elle est complètement perdue. Il semble lui expliquer quelque chose, mais elle n'écoute qu'à moitié. Elle est rapetissée, elle se sent comme... Comme une poupée de chiffon ? Oui, sans doute un peu. Elle se sent molle, faible, incapable du plus petit effort physique. Marcher lui semble être devenu d'exceptionnellement difficile. Mais que faisait donc son corps, si petit, si faible ? Elle voulait retrouver l'autre, celui qu'elle connaissait par coeur, qu'elle s'était affairée à étudier, celui qu'elle avait appris à chérir comme étant le dernier rempart contre son départ complet vers un monde qu'elle seule pouvait connaître.
Heureusement, encore une fois, qu'elle ne voit pas tout. Elle ne voit pas les élèves qui manquent de leur shooter dedans, ni rien d'autres. Elle est juste là, soutenue par poupée Ken. Et là Matt passe, et hurle de frayeur, mwahahaha. Mais un bruit lui parvient aux oreilles. Un bruit étrange. Ça lui rappelle la vieille voiture de Papa, cette antiquité qui devait avoir au moins quarante ans, et qu'il chérissait comme si c'était le bien le plus précieux de la terre. Oui, comme la vieille voiture de papa...
« Mais... Qu'est-ce que la voiture de Papa fait à Poudlard? »
Ah non, c'est pas une voiture, qu'il dit, le Serdaigle. C'est un chat. La jeune fille cille et lève le nez sur ledit chat. Elle écarquille les yeux, sans trop savoir quoi faire. Elle ressent, au fond d'elle, la peur, viscérale – elle n'a jamais été très courageuse. Mais elle est déjà tellement paniquée, tellement dans un état second, que ça ne peut pas vraiment être pire. Et avec cette angoisse se bat sa curiosité. Ça devait être tout doux, les poils du chat. Peut-être que si elle le touchait, elle retrouverait son corps à elle. Un contact avec la réalité... Oui, ça serait un contact avec la réalité. Et ça ferait revenir son corps. Et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Grimper sur son dos, par contre... La jeune fille garde les yeux un peu hallucinés – oui, même avec des yeux peints sur le chiffon elle arrive à avoir ce regard là – en sondant la bête. Ses grands yeux jaunes, ses crocs ascérés... Là, le chat lui évoque plus le Serpent qu'ils avaient vu en cours avec Mr McKintosh qu'un chaton adorable. Alors elle se colle un peu plus à son camarade d'infortune en couinant.
« Non, non, nononononononononon... » murmure-t-elle finalement, comme une litanie incessante, un mot qu'elle répète sans cesse et de plus en plus vite. Non, elle ne veut pas y aller. Par contre, ça ne l'empêche pas d'avoir une idée. Enfin, une idée qui ne va pas les avancer à grand chose, mais quand même. « Faut trouver quelqu'un pour nous aider... Monsieur Scott ou Monsieur Lindgren ou Mme Javordaski... » Oui, elle a beaucoup de mal avec le nom de sa prof de sortilèges. « … ou monsieur McKintosh, ou Mme Thompson... » Oui, elle nous fait toute la liste du corps professoral. Le temps qu'elle finisse de lister, Dani aura peut-être quelque chose qui les avancera un peu plus. Comme avoir la bonne idée d'utiliser cette feuille de papier, là-bas, qui glissait sur le sol et qui, bien utilisée, ou avec un peu de métamorphose, pourrait peut-être leur servir de véhicule...
Lumos ► Type de Sang: né moldu ► Année/Profession: 6ème année
Sujet: Re: Histoire de jouet - Summer Sam 12 Mai - 14:56
Ah, ça, une bonne idée, il aimerait en trouver une. Pour sûr, il la voit, la feuille de papier là-bas. Sauf qu’il ne voit pas vraiment comment l’utiliser dans son état actuel. Les plaintes de Summer à ses côtés ne sont pas pour l’aider à mieux réfléchir, soit dit en passant. Il a arrêté de l’écouter au troisième nom d’enseignant prononcé, comprenant qu’il est inutile d’essayer de tirer quoi que ce soit de son amie en chiffon.
A la rigueur, s’il avait gardé son sac à dos, avec ses affaires de potion, il aurait peut-être trouvé un remède. Ou même, s’il avait sa baguette, il pourrait tenter un sort de métamorphose. Encore eut-il fallu qu’il sache ce qu’elles étaient devenues. Il regarde autour de lui, faisant faire à sa tête un tour de 360 degrés – eh, y’a pas que des inconvénients à être transformé en jouet de plastique – et remarque que son sac, dans lequel se trouve sa baguette, est resté à terre, un ou deux mètres plus loin.
Daniel Lennox, votre mission, si vous l’acceptez, sera de retourner jusqu’à votre sac, de l’escalader, et d’en extirper votre baguette magique, et de trouver comment l’utiliser afin de vous sortir de ce pétrin. Votre équipe sera composée d’unités d’élite : Summer Skinner, et d’un effrayant chat noir. Bonne chance, Monsieur Lennox.
Heureusement pour nous, le message ne s’autodétruira pas, mais Daniel part quand même en mission, valeureux comme il est.
« Oui, t’inquiète pas, on va aller trouver un professeur pour nous aider. Viens, faut que je récupère ma baguette. On va faire un peu de magie, c’notre spécialité après tout. »
Daniel entraine la blonde jusqu’au son sac à dos qui lui paraît bien énorme maintenant qu’il n’est plus qu’un jouet, et laisse Summer retomber lamentablement par terre pour essayer d’ouvrir le sac et se faufiler à l’intérieur du mieux qu’il peut. Il relève en passant que certaines de ses fioles se sont brisées et ont rendu illisible son devoir de DCFM – encore un P en prévision – avant d’attraper sa baguette et se sortir en la traînant difficilement.
« Bien. Summer, j’suis prêt à passer aux choses sérieuses, alors arrête un peu de traîner par terre. Tu déconcentres le chat en plus ! »
Après avoir difficilement calé sa baguette sous son bras, Dani aide Summer à se remettre debout – paske j’suppose qu’elle est tombée, pas douée comme elle est – avant de reprendre sa baguette entre ses deux mains comme il peut.
« Biquette, si la magie marche pas et nous explose à la figure… Tu sauras que j’ai été très heureux de te connaître. »
On ne sait jamais comment une baguette peut réagir sous les ordres d’un jouet en plastique, après tout. Qui dit que la magie et le plastique ne vont pas créer un mélange explosif qui fera disparaître le couloir dans une explosion mémorable ?
« Accio feuille ! »
Bah ouais, on commence avec un truc tout gentil pour ne pas faire d’alchimie et… oh ! Miracle – n’est-ce pas – la feuille vole jusqu’à nos deux pauvres sorciers, tandis que le chat essaye de l’attraper comme s’il s’agissait d’un oiseau ou d’un insecte. Ouais, parce que cette saloperie de matou est toujours là, il a l’air de bien aimer Summer, décidément. Un autre sortilège pour que la feuille se plie toute seule en un avion en papier, et voilà Daniel qui pousse Summer sur ce véhicule de fortune avant de la suivre tout en essayant de ne pas lâcher sa baguette.
Un dernier sortilège pour faire décoller l’avion en papier et voilà les deux adolescents qui survolent les élèves dans le couloir, et filent tout droit vers…
Ah zut.
La baguette est tombée.
En espérant que le pilotage automatique fonctionne aussi avec la magie, sinon ils vont se prendre un mur, ou un lustre, ou je n’sais quoi.